L’OR DES MAUGES.

Les Mauges, pays du métal ?

Jacky Dubillot, membre de l'A.H.M., revient ici sur les origines de l'exploitation de l'or

dans les Mauges et sur les différentes techniques employées pour son extraction.

 

L’orpaillage ou la recherche de l’or alluvial.

 

 

            L’or est présent dans le sous-sol du Pays des Mauges et les hommes qui y vivaient l’avaient remarqué très tôt, bien avant que Jules César ne soumette la Gaule. Des auteurs antiques [1] vantent la richesse en ressources aurifères de plusieurs territoires gaulois et il est couramment admis que l’or fut l’une des raisons de la guerre menée par César [2] contre les peuplades Gauloises. Le nom même de « Mauges », proviendrait de cette particularité aurifère d’un espace géographique, « le pagus » ou « pays », qualifié de métallifère comme semble le démontrer les différentes graphies médiévales [3] . L’or, réalité historique et géologique de ce « pays de Mauge », sera redécouvert par une exploitation de l’or par les « Mines de la Bellière » société minière implantée à Saint-Pierre-Montlimart, entre 1905 et 1952, puisque environ 10400 kilogrammes de métal jaune ont été extraites du sous-sol, auxquels s’ajoutent à cela  environ 1100 kg d’argent.

           

* Il existe deux façons d’exploiter l’or :

  -Par la mine en roche, le chercheur d’or attaque directement le rocher aurifère, ici le quartz composant le filon. La méthode est laborieuse et nécessite une logistique importante mais elle fut néanmoins employée dans l’Antiquité par les Gaulois puis par les Gallo-Romains. Ces travaux, repérables encore de nos jours, abondent sous forme de fosses partiellement comblées, parfois gigantesques , auxquelles le nom d’aurière doit être attribué [4] . La plupart de ces aurières sont méconnues du public. Un inventaire des aurières est en cours de réalisation par l'Association l'Histoire des Mauges. Nous ne nous étendrons pas plus en avant sur cette exploitation par la méthode de la mine en roche qui a varié suivant les époques et qui sera traité ultérieurement.

 

 

Représentation imagée d’un mineur du XIIIeme siècle qui entaille avec son pic marteau la paroi d’une cavité souterraine. L’on remarque une torche allumée qui éclaire l’endroit.

 

(Illustration d’un projet de livre par M. Kossitsine, ancien Directeur Général de la Société des Mines de la Bellière).

 

 

- L’orpaillage, est l’autre technique utilisée pour trouver de l’or. Elle consiste à laver les alluvions contenues dans les lits des cours d’eau des zones à filons aurifères qui sont situées autour de Saint-Pierre-Montlimart et de Montrevault. L’orpaillage consiste en un triage minéral effectué par hydroclassement (terme signifiant la séparation de l’or, de densité élevée, et des stériles (sables, boues, graviers) de densité moindre en utilisant un cours d’eau).

            Cette seconde méthode fut probablement employée dans les Mauges, puisqu' elle est la manière de récolter l’or la plus simple à mettre en œuvre, nécessitant peu de matériel. Malheureusement, cette activité n’a pas laissé de traces archéologiques évidentes. L’un des indices suggérant cette hypothèse est le taux important de paillettes d’or récoltées dans plusieurs cours d’eau, ce qui laisse présager qu’une concentration plus importante encore d’or pouvait exister auparavant. De plus, il y a de cela quelques années, on pensait ne découvrir que des poussières ou des minuscules paillettes d’or, mais les trouvailles récentes de petites pépites de trois à cinq millimètres dénotent une méconnaissance des ressources aurifères des alluvions des cours d’eau des Mauges. On résumait principalement l’or aux seules communes de Saint-Pierre-Montlimart, la-Salle-et-Chapelle-Aubry, Montrevault, Saint-Rémy-en Mauges, et pourtant l’or se rencontre au niveau alluvial de façon non négligeable à Chaudron-en-Mauges, Saint-Quentin-en-Mauges, Beaupréau… (en l’état actuel des connaissances). De plus, la rivière Evre, étant le réceptacle de la plupart des ruisseaux aurifères, a également dû être orpaillée durant l’Antiquité ce qui est actuellement plus fastidieux du fait de la construction de chaussées pour les moulins à céréales, qui ont fortement modifié la topographie du lit de l’Evre dès le Moyen Âge. Néanmoins, les stages d’initiation à l'orpaillage de l’été 2004 proposées par l'Association l'Histoire des Mauges,ont permis de conforter cette hypothèse, puisqu’ils démontrèrent la présence de nombreuses paillettes d’or dans les alluvions du lit de l’Evre au niveau de Montrevault.

 

 

Petite pépite d’or de 3 mm récoltée dans un ruisseau, commune de Saint-Rémy-en-Mauges.

 

 

 

 

*GEOLOGIE :Expliquer la genèse  de l’or au sein de la roche est un exercice difficile, mais néanmoins nécessaire à la compréhension du phénomène qui fait de certains fonds de ruisseaux des minis Eldorado.

 

                A l’origine, l’or est disséminé en compagnie d’autres minéraux dans un filon de quartz. Dans les Mauges, ces filons de quartz sont très nombreux, mais tous ces filons ne sont pas pour autant aurifères. Tous les habitants du canton de Montrevault ont remarqué ces pierres blanches virant parfois sur le rose ou le gris, difficiles à casser, enlevées des champs par les agriculteurs puisque gênantes, et qui agrémentent aussi des parterres de fleurs par endroit. L’or se trouve à l’origine dans certains filons de quartz qui sont répartis de manière aléatoire dans la région. Pour expliquer cette répartition inégale, il faut savoir que ces filons sont la résultante de failles de la croûte terrestre, comblées par des solutions liquides à base de silice sous de hautes températures (100 à 450° C) et des pressions élevées puisque provenant des profondeurs de la terre. Celles-ci ont été figées par le refroidissement tel du verre minéral employé de nos jours. C’est cela qui explique la translucidité de certains fragments de quartz. Mais cette silice en fusion et en déplacement n’est jamais pure et transporte divers éléments dissous comme du soufre, du fer, de l’or, de l’argent, du cuivre, du plomb pour ce qui est du contenu des filons des « Mauges ». Ces métaux intéressent l’industrie humaine depuis plusieurs millénaires.

 

Affleurement d’un filon de quartz d’une puissance de 3 mètres visible à la base d’un ancien mur à Montrevault, face à l’aire de pique-nique de Bohardy,commune de Montrevault.

 

            Ces filons, qui aboutissent à l’air libre du fait de l’érosion naturel du Massif Armoricain, subissent eux-mêmes les attaques de la natur.e Sous l’action répétée du gel, des pluies, des racines de la végétation qui s’insèrent entre les blocs de quartz du filon, l’or est libéré de sa prison de quartz et entraîné ensuite par les ruissellements de l’eau vers des étages intermédiaires divers. Cela concerne tout d’abord, les environs immédiats du filon aurifère, périmètre peu soumis à l’action de transport par l’eau (par exemple un filon installé sur un plateau). Dans ce cas, il est d’usage d’appeler cette concentration d’or, un « placer éluvial ». On appellera « placer » la surface du dépôt aurifère, sachant que les éluvions sont le produit non évacué de la décomposition sur place des roches environnantes.

            Si un vallon draine la surface propice, l’or migrera par l’action de l’eau vers le fond du vallon à la faveur des pluies jusqu’à se déposer dans un ruisseau ou une rivière. Ces différentes étapes s’effectuent graduellement certainement durant des siècles, voire des millénaires…Mais l’or est plus lourd que le commun des sables et graviers transportés par les cours d’eau. La densité de l’or est en effet de 19,33 quand il est pur, ce qui est assez rare, les alluvions eux, ont une densité variable de 2 à 3. L’or récolté dans les cours d’eau a une densité un peu moindre mais néanmoins largement supérieure à celui des minéraux constituant ce que l’on nomme les alluvions (et les éluvions). Cet or, plus dense, sous forme de poussières, de paillettes, de grains ou de pépites, voyage surtout lors de crues brutales et se dépose alors en des endroits prédisposés par la topographie du lit du cours d’eau. Cette concentration d’or associée à un dépôt alluvial est dans ce cas appelé « placer alluvial ».        

            Pour l’orpailleur, il s’agira dans un premier temps de repérer le cours d’eau propice, proche de filons de quartz aurifères, puis de prospecter les alluvions du lit du cours d’eau, sachant qu’en fonction de la configuration des rives, des virages, des accélérations du courant et des obstacles rencontrés par l’élément liquide, tel ou tel site livrera son or ou pas. Le reste est une question de maniement de l’outil d’orpaillage. [5]

 

Ruisseau aurifère« La Gevrise » au lieu-dit Armazy, commune de Saint-Pierre-Montlimart.

La dénomination « La Gevrise » est citée à propos d’un aveu seigneurial en 1404 :-« …tiens de vous ma gaignerie de la Bellière située sur la rivière de Gevrise »

Histoire de la Paroisse de Saint-Pierre-Montlimart, par Tristan Martin.

 

            L’orpaillage fut-il employé pour l’obtention de l’or dans les « Mauges » ? L’amateur désirant posséder un peu d’or des Mauges a grandement intérêt à pratiquer l’orpaillage, c'est-à-dire le lavage des alluvions. La nature, par son travail incessant conjugué au temps qui passe, a libéré des quantités d’or qu’il s’agit pour le chercheur de récolter.

  Des minéralogistes recherchent régulièrement des échantillons de quartz avec de l’or visible dans les déblais des mines antiques et modernes de la région Cette entreprise est peu souvent couronnée de succès, car l’or est le plus souvent invisible car à l’état microscopique, noyé dans la masse de quartz.

 

            Et encore faut-il que la brillance découverte soit de l’or, car il peut s’agir de l’or des fous (pyrite de fer ou chalcopyrite donnant des cristaux à reflets dorés), de la galène (sulfure de plomb souvent argentifère à reflets bleuâtres), du mispickel (arséniosulfure naturel de fer, de teinte plombée). Il est signifié d’ailleurs que les filons des Mauges sont à dominante de mispickel lui-même aurifère et ce sont ceux-ci qui furent exploités pour l’or. Sur Saint-Rémy-en-Mauges, il s’y trouve près de la carrière de Jousselin, un filon de quartz minéralisé principalement en galène, détecté il y a quelques années par le Bureau de Recherche Géologique et Minière (BRGM), lors de recherches dans le secteur. Des témoins m’ont raconté qu’un tractopelle avait été employé ensuite pour découvrir le filon intéressant qui avait été détecté lors de recherches au moyen de matériel de prospection embarqué dans un avion et détectant les anomalies magnétiques. La tête de filon fut au rendez-vous une fois enlevée la couche de terre labourée. Le tractopelle s’attaqua au filon qui donna non pas du mispickel, mais semble-t-il de beaux cristaux de galène. Les prospecteurs récoltèrent une grosse quantité d’échantillons, le trou du sondage fut rebouché et cela ne me fut révélé que plusieurs années plus tard par Monsieur Raphaël Réthoré, minéralogiste de Saint Pierre Montlimart. Accompagné de ce dernier, avec l’accord du propriétaire, nous y sommes allés sans retrouver la trace du sondage filonien. Néanmoins, nous avons ramassé plusieurs blocs de pierre de couleur marron qui s’avérèrent être, une fois cassées, des nodules de galène.

 

 

Pyrite de fer sur quartz appelé communément « Or des Fous »

Provenance : Carrière de Jousselin, Saint-Pierre-Montlimart.

 

Echantillon de galène récolté à Saint-Rémy-en-Mauges.

Echantillon de quartz blanc contenant du mispickel (gris) et de la galène (bleu).

Provenance : Aurière de la Minière, Saint-Pierre-Montlimart.

 

            Le filon de galène existant à Saint-Rémy-en-Mauges prouve que la minéralisation semble être principalement composée de sulfures de plomb, d’une richesse exceptionnelle, et lorsque l’on sait que souvent ce plomb est accompagné d’argent, cela rouvre l’hypothèse émise par Alfred Poilane [6] d’un monnayage d’argent carolingien local. Il a été découvert une monnaie de ce métal tout près de la ferme de la Moneterie (Saint-Rémy-en-Mauges), et d’une autre ferme contiguë, Le Temple (La-Boissière-sur-Evre), sans oublier de mentionner une autre ferme voisine, La Minerie (signalée sur la carte de Cassini, contrairement aux lieux-dits de La Moneterie et Le Temple). Il précise aussi l’existence d’un souterrain près de la seconde ferme ; la légende locale affirmait que ce lieu de La Moneterie eut été jadis un atelier de frappe monétaire. Tous ces éléments concordants permettent de reposer la possibilité d’un monnayage d’argent en dehors de l’or, reste à savoir si cette galène est suffisamment argentifère pour promouvoir une frappe locale. Et ce souterrain ne serait-il pas en fait un vestige d’une mine d’argent ? Le nom de la Minerie, synonyme de minière, ne serait-il pas le souvenir d’une exploitation oubliée, telle qu’il en existât à Melle en Deux-Sèvres, site réputé pour ses mines d’argent carolingiennes et lieu de frappe officiel des rois d’avant l’an 1000. Or l’étymologie médiévale de Saint- Pierre-Montlimart comporte aussi le même mot « Melle », ainsi citée «  Melle Marco » au onzième siècle. Les historiens semblent unanimes pour expliciter ce nom actuel du « Melle » Poitevin, par transformation du terme initial qui proviendrait du latin « métallum », en français, « la mine ». Ce sujet passionnant qu’est la toponymie, où la recherche des noms de lieux associés aux mines métallifères antiques, devrait éclaircir la genèse des Mauges anciennes.

 

 

Deux deniers carolingiens en argent, provenance : Saint-Florent-le-Vieil ; collection privé. Celui du bas est dit : Denier de Melle, avec l’inscription « METULLO ».

 


  Nous présumons que l’argent fut exploité, comme sous-produit du traitement de la galène, qui fournit beaucoup de plomb pour peu de métal d’argent. A l’état naturel, ici dans les Mauges, on n’orpaille pas le métal argent, ni le plomb quoique l’orpailleur vous dira récolter quantité de plombs de chasse, ou de pêche, signe que la technique d’orpaillage est bonne, l’extraction dût se faire directement en mine en roche. Une étude plus approfondie de l’hypothèse d’une extraction du plomb, séparé de l’argent ne serait pas inutile, pouvant renforcer l’idée forte d’un «Pagus Metallicus ». D’ailleurs la société des Mines d’or de la Bellière a retiré du sous-sol montlimartois environ 10400 kilogrammes d’or, rajouter à cela 1100 kilogrammes d’argent, extraits des filons de quartz et aucunement par l’orpaillage. [7]

 

Il nous semble donc que la première méthode employée durant la protohistoire, aurait été l’orpaillage, c'est-à-dire le lavage des alluvions, comme cela fut le cas en d’autres parties de l’Europe. Les auteurs antiques ont largement témoigné de ces pratiques ancestrales faciles à mettre en œuvre, et développées à une échelle industrielle par les Romains victorieux. Dire qu’ils déplaçaient des montagnes n’est pas un vain mot pour celui qui connaît les mines d’or alluviales de Las Médulas (« les mines » en espagnol), en Espagne dans la province de Léon. On ignore si les Romains employèrent chez nous la méthode qui consistait à détourner des cours d’eaux afin de les employer pour laver des zones aurifères à flanc de plateaux, et de piéger l’or dans des rétrécissements garnis de branchages faisant office de sluice (canal de lavage) car cette méthode fut employé en Pyrénées Françaises. [8]

 

A un niveau moindre, l’orpaillage antique ou lavage des alluvions par l’emploi de batées ne laisse que peu de traces pour nous l’indiquer. En Tchécoslovaquie, il a été décelé des indices d’orpaillages de l’Age du Bronze final et du second Age du Fer, le long de plusieurs rivières, des restes de batées en bois ont été retrouvés dans la rivière Volsoka, à trois mètres et soixante dix centimètres de profondeur. [9]

 

L’écrivain grec Posidonios (135 à -50 av J-C)  visita vers 80 av J.C une partie de la Gaule. Il a décrit le procédé de l’orpaillage chez les Helvètes et le long du Rhin, « auquel se livrent surtout les vieillards et les femmes épandant dans le fleuve des toisons de mouton dont la laine recueille les pépites que charrient les fleuves ou qui ont été déposées dans leurs sables. ». Cette technique simple est sans doute à l’origine du mythe de la Toison d’Or.

 

L’historien grec Diodore de Sicile, (-45 à +20) rapporte que « dans toute la Gaule, il n’y a pratiquement pas d’argent, mais beaucoup d’or, que la nature fournit aux indigènes sans travail de mine et sans effort. En effet, le courant des rivières ayant des méandres et frappant les pentes des montagnes qui les bordent et en arrachant de grandes mottes, est plein de poudre d’or ; les hommes qui n’ont pas d’autre travail rassemblent, pulvérisent ou écrasent les mottes qui contiennent la poudre et, après avoir lavé à grande eau l’élément terreux naturel, confient la poudre à des fours en vue de la fonte »

 

Le géographe grec Strabon, (-58 à +21) précise que chez les Tarbelles, peuple de l’Aquitaine, "se situent les mines d’or les plus performantes de toutes : en creusant des puits de faible profondeur, on trouve des masses d’or qui remplissent la main et qui n’ont besoin que d’un léger lavage ; le reste consiste en paillettes et en pépites qu’un travail facile sépare des matières autres".

 

Ces trois relations d’auteurs grecs témoignent favorablement de la pratique de l’orpaillage en Gaule préromaine. On suppose que l’orpaillage primitif qui se faisait chez les uns devait aussi se faire chez nous, puisque de culture celtique également. La peuplade habitant « les Mauges », est incluse à la nation Ambiliate, ensuite cette dernière est rayée de la carte suite à la mainmise de Rome sur la Gaule et son territoire annexé à la cité des Pictons. La disparition de la nation Ambiliate peut avoir un rapport avec le fait de détenir en son territoire des mines d’or convoitées puisque celles-ci seront réexploitées à l’époque gallo-romaine, peut-être en employant les prisonniers de guerre (pour commencer les survivants de la nation Ambiliate, dont les habitants des  « Mauges »?).

 

Après l’époque gallo-romaine, suite aux bouleversements provoqués par les invasions barbares, il semblerait que l’activité minière en roche de l’or s’éteint à cause de longues périodes d’instabilité [10] . Ici, dans les Mauges, il semblerait que l’épisode de l’or ne soit même plus un souvenir, suite à l’abandon de l’exploitation aurifère, sans nul doute suite à la destruction du chef-lieu « Segora », au cours du troisième siècle. C’en était fini de « l’âge d’or » de la contrée, sinon quelques vagues renvois à propos de certains toponymes auxquels l’or est parfois associé, et, parfois indices de sa présence.

 

D’autres régions de France, du XVe au XVIIe siècle, connaissent un regain de l’orpaillage d’après des sources écrites, au bord du Rhin, du Rhône, en Pyrénées, ce dont témoigne l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert (1765) :

…. « Quant à l’or qui se trouve dans les rivières, on l’obtient en lavant le sable de leur lit. On choisit pour cela les endroits ou la rivière fait des coudes, ou les eaux vont frapper avec violence et ou il s’est amassé du gros sable. Ceux qui s’occupent de ce travail se nomment orpailleurs. Ils commencent par passer ce sable à la claie, (tamis) afin de séparer les pierres les plus grossières. On jette le sable avec l’eau sur des morceaux de draps grossiers ou sur des peaux de mouton tendues sur une claie inclinée (principe du sluice). Par là l’or, qui est ordinairement en particules très fines, s’attache avec le sable le plus fin aux poils du drap ou de la peau de mouton que l’on lave de nouveau pour en séparer l’or et le sable. Pour achever ensuite la séparation de l’or et du sable on fait le lavage à la sébille, c'est-à-dire dans une écuelle de bois dont le fond est garni de rayures. On l’agite en tournoyant ; le sable qui est plus léger s’en va par-dessus les bords de la sébille tandis que l’or reste au fond… »

 

Cet extrait résume bien la façon de procéder pour l’orpaillage de l’or alluvial. La sébille est le terme ancien de la batée et le chercheur d’or moderne maniant la batée ou le pan n’emploie plus la peau de mouton ou les morceaux de draps grossiers qui sont remplacés par des ustensiles plus modernes, les sluices, que l’on n'est pas obligé de posséder pour exploiter un placer (endroit du lit de la rivière où se sont accumulées des paillettes d’or).

 

Article d’un livret du COMPTOIR GEOLOGIQUE ET MINERALOGIQUE.

Alexandre Stuer .Matériel de prospection ; 1 partie : Prospection de l’Or.Vers 1940.

 

            En 2003 et 2004, l’Association Histoire des Mauges a ainsi pu initier quelques personnes désirant s’adonner ou découvrir la technique de l’orpaillage à l’aide du pan principalement, et de la batée accessoirement. Le bilan de ces journées est positif, de nombreuses paillettes sont découvertes, et surprise aussi, sous Montrevault, un peu de mercure

 

            Pour 2005, il est prévu quelques journées d'initiation. Un autre rendez-vous important sera le week-end du 2 et 3 juillet 2005 qui commémorera le centenaire de l’ouverture officielle des Mines d’or de la Bellière de St-Pierre-Montlimart avec exposition d’objets, de documents et une promenade découverte des sites en rapport avec l’or.

 



[1] Alfred Poilane, auteur du livre : L’Or des Mauges. Imprimé en 1913 et réédité en 2004.Pour les auteurs anciens vantant la richesse de la Gaule en or, page 49.50.51.52.chapitre : Ave Gallia aurifera, Edition 2004, coproduit par : Edition du Petit Pavé ; Parenthèse.

[2] Suétone, (environ 70.140 ap J.C), dans son ouvrage sur la vie de César, rapporte : 

                « En Gaule il pilla les chapelles et les temples des dieux, qui étaient remplis d’offrandes, détruisit les villes plus souvent par goût du pillage qu’à titre de représailles. Il en résulta qu’il regorgeait d’or et en fit vendre à travers l’Italie… »

[3] Alfred Poilane, 1913, chapitre : Le Pagus Metallicus. Page 64.65. (Edition 2004).

[4] Alfred Poilane, 1913, page 135.136.137 (Edition 2004).Il cite les aurières connues par lui, mais il en existe d’autres comme celle de la Rouillère, près de Montrevault, qui est bien préservée,et qui démontre des travaux miniers considérables.

[5] Il existe des sites Internet ou sont très bien expliqués ces principes de concentration d’or détritiques (provenant de la désagrégation des filons aurifères). Il faut rechercher les sites traitant de l’orpaillage.

[6] Alfred Poilane :Pro Segora  ;page 36.37.38.39. Bulletin de la Société des Sciences, Lettres et Beaux-arts de Cholet de 1935.

[7] Le directeur des mines Monsieur Kossitsine précise dans ses écrits que cette galène est aurifère, à savoir que sur les quatre centres d’extraction, Saint-Antoine, Bon Air, le Verger et Saint-Jean, le premier était majoritairement composé de galène.

[8] Alfred Poilane, page 33 réédition 2004 de L’or des Mauges, explique dans le chapitre intitulé : la toison d’or, page 30, les méthodes employées primitivement pour retenir les paillettes d’or.

[9] M. Daubrée, cité par Alfred Poilane, (SLA 1913) page 36 et 37 de la réédition 2004, relate dans Revue d’archéologie de 1881, la découverte de lampes, d’une raclette et d’une sébile (batée) en bois ayant une forme que l’on emploie encore aujourd’hui (1881) pour extraire l’or des sables par lavage. Ce matériel  a été retrouvé dans des travaux de mines très anciens, qui devaient être antérieurs à l’occupation romaine, car les romains les ont utilisés comme sépultures. (Saint-Félix-de-Pallière, dans le Gard).

[10] Néanmoins, selon Pierre-Christian Guiollard, l’activité de l’orpaillage se serait maintenue au moyen Age principalement le long du Rhin, les Alpes, les Cévennes, les Pyrénées et le Limousin. Il est l’auteur du «Guide pratique du CHERCHEUR D’Or en France.